Edith Mag – Magazine gratuit féminin Orléans

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Décolleté plongeant et port de tête du cygne blanc, le « pressoir à corps » version XXIe siècle est-il encore rétro ? Claire le Hénaff, styliste nous répond. Elisabeth Audras-Boudry.

Porter un corset pour le plaisir semble antinomique, n’est-ce pas contraignant, voire étouffant ?
Mon but est qu’il soit confortable, pratique et esthétique. Je remplace le busc rigide d’autrefois par un zip, et mes baleines sont en mailles d’acier aplaties, très souples. Le laçage est juste là pour l’élégance, non pour serrer à mort, sinon aucune femme ne voudrait en porter, et heureusement ! Si certains créateurs le travaillent encore en rigide, je l’adapte pour ma part à la morphologie de chacune.

Alors pourquoi utiliser encore ce terme « corset » ; est-ce un choix délibéré ?
Les baleines apportent quelque chose de plus fini qu’un simple bustier. Le corset sort de l‘ordinaire, m’offrant plus de liberté dans mes créations. Il a un côté rétro qui me plaît. C’est une pièce très féminine, qui me permet de valoriser les formes naturelles.

Sa connotation austère, de soumission sociale, ne vous gêne-t-elle pas ?
A vrai dire, c’est au fur et à mesure des rencontres sur différents salons que j’ai pris conscience de ces connotations. Au départ, je n’y ai vu que l’aspect esthétique. Pour ma part, je vais totalement dans le sens de Paul Poiret, puis Coco Chanel, annonçant les pins up des années 1950, dont je suis fan. J’aime jouer sur les formes et les matières pour retranscrire cet univers sexy sans être vulgaire, provocant mais jamais trop, et surtout plein d’humour.

Comment porte-t-on le corset aujourd’hui ?
Comme un top à même la peau, pour un mariage ou une cérémonie, mais aussi au quotidien, en accessoire par-dessus un pull ou une tunique. On peut lui donner le style qu’on veut : princesse avec des petites fanfreluches en dentelle, sportswear avec du jeans, rétro en toile de Jouy, cabaret avec des paillettes plaquées sur le textile, ou gothique. Un modèle identique en latex ou en liberty ne donnera pas la même impression …

Qui sont vos clientes ?
Elles ont entre 20 et 58 ans, de tous types de corpulence. J’ai beaucoup de danseuses, mais aussi des femmes qui souhaitent cacher leur petit ventre après une grossesse. J’essaie de rester sur des tarifs allant de 50 à 195 euros pour des pièces de ma collection (serre-tailles, ceintures corsetées, corsets) et à partir de 200 euros pour du sur-mesure (corsets, ensembles mariages… tout est possible !).